Inventaire des vestiges : que reste-t-il de défensif dans les bastides du Périgord ?
Le sort des remparts a suivi les vicissitudes de l’histoire : guerres, sièges, reconstruction, puis lente adaptation aux époques de paix et à la poussée démographique. Dès le XVIe siècle pour beaucoup, la nécessité du rempart s’amenuise : on abat, on remanie, on recycle les pierres pour d’autres usages. Pourtant, à l’œil attentif, le passé militaire affleure toujours.
Biron, Monpazier, Beaumont-du-Périgord : trois bastides, trois exemples distincts
Beaumont-du-Périgord – fondée en 1272 par Edouard Ier d’Angleterre – offre aujourd’hui un des plus beaux ensembles conservés. Sur près de 1200 mètres, le tracé des anciens remparts se devine encore : en témoignent la porte de Luzier à l’Ouest, l’habitat construit en appui sur les murs ou directement contre l’enceinte, et des vestiges visibles place Jean Moulin. À Monpazier, la place carrée (dite “place des cornières”) et les rues structurées laissent en filigrane la place qu’occupaient autrefois murs et fossés. Ici, seules quelques bases de murailles subsistent, intégrées au bâti civil, mais l’ossature urbaine épouse toujours le plan défensif originel.
| Bastide |
Fondation |
État des remparts aujourd’hui |
Spécificité historique |
| Beaumont-du-Périgord |
1272 |
Tracé visible, portes présentes, sections de murailles conservées |
Système défensif conçu en étoile, 5 portes à l’origine |
| Monpazier |
1284 |
Vestiges intégrés aux constructions, tracé perceptible |
Classée parmi les "plus beaux villages de France" |
| Villefranche-du-Périgord |
1261 |
Remparts disparus, plan urbain et toponymes conservés |
Place du Marché médiévale toujours en activité |
| Lalinde |
1267 |
Bases de murailles, fossés remblayés, une porte visible |
Position stratégique sur la Dordogne, portée commerciale importante |
Certains éléments de fortifications ont traversé les siècles grâce à leur usage : une maison intégrée dans la porte, le nom d’une “rue des remparts”, le profil d’une motte, ou la survivance de tours rondes découronnées, utilisées comme greniers à foin ou pigeonniers. D’après l’Inventaire général du Sud-Ouest, moins de 15% des enceintes originelles sont encore identifiables in situ, mais la “trace” s’observe également dans la toponymie, la morphologie urbaine ou l’empreinte au sol.